L'acceptation

18/09/2017

Depuis toujours on peut voir apparaître dans différents contextes l'idée de réprimer ou cacher certaines émotions telles que la colère, la tristesse ou parfois même l'amour. Au premier abord ces éléments visent à « protéger » la personne, à faire d'elle une personne forte et digne de confiance. On peut par exemple encourager un petit garçon à ne pas pleurer car « les hommes ne pleurent pas ». Ainsi pleurer - événement qui apparaît pourtant naturellement quand nous sommes tristes mais aussi quand nous sommes débordés par la joie - revient à être « faible ». Mais pourquoi cela?  Sur quel principe repose cette idée ?

Est-ce que nous ne pourrions pas au contraire penser que réprimer ses émotions et sentiments n'amène pas la personne à s'encombrer d'un poids (culpabilité d'être faible, de faire honte, etc.) qui prend davantage de place que le simple fait d'accepter d'être un être émotionnellement humain (bien que les animaux aussi pleurent).

Pour lutter contre ses émotions, ses affects et/ou ses sentiments, l'Homme met en place diverses stratégies. Certains utilisent le sport pour « se vider l'esprit », d'autres vont boire un verre de temps en temps quand ces éléments deviennent trop durs à porter et que le besoin « d'oublier » se fait trop fortement ressentir. D'autres encore vont fumer (des substances licites ou illicites) pour voir s'envoler leur problème en même temps que la fumée que leur bouche aura recrachée.

MAIS si ces usages peuvent libérer temporairement l'individu de son mal-être, nous pouvons remarquer qu'un besoin encore plus fort va vite réapparaitre, et ceci se reproduira jusqu'à ce que le sujet soit prisonnier de ce besoin pour sa « libération ». Cette liberté n'arrivera jamais car ce sentiment sera toujours présent sous une forme ou une autre. Si ce n'est pas l'élément que la personne a cherché à fuir au départ, ce sera un autre qui encombrera son esprit. C'est à ce moment-là que nous pouvons nous interroger sur la puissance de l'acceptation de ses émotions.

Pourquoi les émotions sont-elles si importantes dans notre vie ?

Les émotions jouent un rôle primordial tout au long de notre vie. Si au départ nous pouvons les voir comme un frein, il faut garder à l'esprit que si celles-ci sont présentes c'est qu'elles ont une utilité.

Vous me direz quel point positif devrions nous trouver dans le fait de sursauter lorsqu'on entend un bruit assourdissant ? Ou encore pourquoi pleure-t-on lorsque nous sommes tristes ?

Ces deux éléments signalent des dangers ou un stress. Pleurer permet de libérer le sujet des tensions internes qui sont à l'origine de son état de tristesse. Cela permet de se soulager (ou de s'auto-soulager) en libérant les éléments qui ne sont pas forcément verbalisable. Une étude menée en 1985 par William Frey démontre que « l'acte de pleurer est ressenti comme apaisant par 85% des femmes et 73% des hommes ».

Pour ce qui est de la première situation, lorsqu'on entend un bruit auquel nous ne nous attendions pas, le corps a un réflexe de protection contre ce stimulus. Le fait de sursauter est une « manière » de préparer le corps à la potentialité d'avoir besoin de fuir un danger. De cette manière, nous pouvons aussi remarquer une accélération du rythme cardiaque, qui vise à préparer la mise en mouvement permettant de courir pour se mettre en sécurité.

De ce point de vue, il est donc primordial d'être à l'écoute de ce qui se joue dans notre corps pour ne plus ressentir uniquement les inconvénients liés au fait de ressentir des émotions. Chaque émotion est porteuse d'un message qu'il est important d'écouter et d'accepter.

Ainsi, au-delà de la simple acceptation de soi, qui pourrait se résumer au fait d'accepter d'être qui nous sommes (petits ou gros), cette acceptation est surtout basée sur le respect de soi-même en tant que PERSONNE animé d'une conscience et de sentiments. Nous ne pouvons pas faire l'impasse sur cet élément qui détermine qui nous sommes.

Refuser de ressentir de l'amour, de la joie, de la tristesse, de la colère, de la peur ou quelconque sentiment positif ou négatif prive l'individu de la possibilité de sortir de ce même sentiment. Il sera prisonnier de son combat contre une partie de lui (réel) pour prétendre être lui (idéal).

Accepter ses émotions est primordial pour pouvoir les dépasser. En effet, les émotions interviennent comme un guide qui nous permet de savoir que telle ou telle situation ne nous convient pas. A travers le ressenti d'un malaise intérieur, l'individu va savoir que ce qu'il traverse joue négativement sur sa vie et pourra ainsi adapter sa situation pour ne plus être mal.

Si un enfant qui apprend la marche ne dépasse par sa peur de tomber, pourra-t-il se lâcher et avancer fièrement ?

L'homme se créé des barrières qui le pousse à sa propre perte et qui l'emprisonne dans un fonctionnement qui ne le rend pas heureux. Dépasser les idées reçues (« un homme ne pleure pas ») et accepter d'être mais aussi que les autres puissent également « être » (aussi différents qu'ils puissent être) est un grand pas pour être heureux chaque jour et à chaque endroit où l'on se trouve.

Aussi bien professionnellement que dans le cadre privé, l'acceptation est un élément clé pour vivre heureux. La prise en compte de l'individu dans sa globalité et en respectant son fonctionnement évite bien des problèmes.

Par exemple plutôt que de se battre pour savoir qui de l'un ou de l'autre a raison ou tort pourquoi pas envisager que chacun des deux parties puissent être dans le vrai, selon sa conception de la chose. Accepter que l'autre a un autre point de vue et faire cesser les hostilités permettra d'éviter un conflit inutile. Cependant l'évitement du conflit ne peut être une solution envisageable si le seul but est d'éviter que celui-ci se produise. Cela ne peut en être qu'une, uniquement si cela résulte d'une véritable acceptation, autrement le conflit réapparaitra une seconde fois, avec la survenu de rancœur liés à la première situation, sans forcément de lien entre celles-ci.

Ainsi l'acceptation est élément clé qui appartient à un choix de vie et de penser que l'individu doit apprendre. Cela ne va pas de soi au départ mais au fil du temps et à travers différentes expériences, chacun peut parvenir à un niveau d'acceptation qui puisse le conduire à un réel bien-être qui le conduira à un désir de poursuivre cette expérience plus en profondeur.